Anne-Charlotte Finel (n. 1986, Paris) est une artiste vidéaste, diplômée de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts (ENSBA), où elle obtient en 2010 son diplôme avec les félicitations du jury.
Depuis plus d’une décennie, l’artiste décèle, caméra au poing, les espaces liminaux, les espèces mal-aimées et la texture du spectre visible à travers laquelle ces paysages et leurs habitants cohabitent. Dans le labyrinthe de la transformation d’intensités lumineuses en signaux, Finel adopte un cheminement contre-intuitif. Elle accoutume la rétine à une altération et à une mise au point de la vision, et, ce faisant, la lisibilité du sujet traité se dévoile.
Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles en France et à l’étranger, parmi lesquelles : L’Île sentinelle, La Maréchalerie, Versailles (2026, à venir); Respiro, La Criée, centre d’art contemporain, Rennes (2024) ; Dans l’œil du Crocodile, Le Bel Ordinaire, Billère (2023) ; Respiro, Cap Saint-Fons, Saint-Fons (2023) ; Règnes, Galerie Jousse Entreprise, Paris (2023) ; SOL, la Forteresse de Salses, Salses-le-Château (2022) ; Passagers, Paris Photo dans le cadre du Prix LVMH Métiers d’art, Paris (2022) ; Prospectif cinéma, Centre Pompidou, Paris (2022) ; Uncanny, Bilsart, Istanbul, Turquie (2021) ; Mouche, Casa Conti – Ange Leccia, Oletta, Corse (2021) ; Parades, Les Instants Chavirés, Montreuil (2020) ; Passagers, Musée Bourdelle, Paris (2020) ; Désoleil, Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, Bordeaux (2020) ; Jacklighting, The Chimney, New York, États-Unis (2020) ; Des sirènes au fond des prunelles, Centre d’art Le Lait, Albi (2019) ; Zarya, Les Ateliers Vortex, Dijon (2018) ; Cargo de nuit, Institut Français de Saint-Pétersbourg (Mourmansk, Kazan, Vladivostok, Saratov, Kaliningrad), Russie (2018) ; Alors fous-moi la paix avec tes paysages ! Parle-moi des sous-sols !, Galerie Jousse Entreprise, Paris (2018) ; Éclaireur, Galerie Édouard Manet, Gennevilliers (2017).
Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions collectives en France et à l’étranger, notamment dans des musées dont le Musée d’Art Moderne de Paris, le Musée du Louvre-Lens, le Musée de Lodève, le Musée d’Orsay, le Musée du quai Branly – Jacques Chirac, le Musée régional d’art contemporain Occitanie, le Musée d’arts de Nantes, le Musée de la Chasse et de la Nature, CAPC Musée d’art contemporain de Bordeaux, ainsi qu’au MAC VAL ; dans des centres d’art tels que le Palais de Tokyo, Passerelle Centre d’art contemporain, le Centre d’art Le Grand Café, la Fondation Fiminco ; au sein de FRAC, notamment aux Abattoirs Musée – Frac Occitanie Toulouse et au FRAC Poitou-Charentes.
Son travail fait partie de plusieurs collections publiques et privées, parmi lesquelles le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, le MAC VAL, le MRAC Sérignan, le CAPC Bordeaux, le FMAC, le CNAP, le Conseil Départemental des Hauts-de-Seine, le Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis, le FRAC Occitanie Toulouse – Les Abattoirs, le Bel Ordinaire Artothèque, l’Artothèque de Lyon, l’Artothèque Saint-Fons et Les Arts au Mur Artothèque, Pessac.
En 2022, Anne-Charlotte Finel est lauréate de la résidence LVMH Métiers d’Art, dont la restitution est présentée à Paris Photo, et du programme Planète Art Solidaire porté par Art of Change 21 en partenariat avec Maison Ruinart. En 2016, elle reçoit le Prix du Conseil Départemental des Hauts-de-Seine dans le cadre du Salon de Montrouge. En 2015, elle est lauréate du prix vidéo de la Fondation François Sommer au Musée de la Chasse et de la Nature et en 2011, de celui du Festival National du Film d’Art Nos yeux grands ouverts au Centquatre-Paris.
Elle a participé à plusieurs résidences artistiques en France et à l’international, parmi lesquelles : le Programme de Résidences d’artistes en Entreprise dans le Grand Paris – Les MAGNETiques Résidences (2025) ; la Fondation Bugnon, Suisse (2024 ); Franklin Azzi Architecture dans le cadre des MAGNETiques Résidences (2024) ; Finis Terrae sur l’île d’Ouessant (2024) ; Le Bel Ordinaire (2024, 2023, 2018) ; la Casa Conti – Ange Leccia (2021) ;Frac Nouvelle-Aquitaine et l’Université de Bordeaux (2019‑2020) ; le programme Territoires Extra / Hors les murs de Passerelle Centre d’art contemporain sur l’Île de Molène (2019) ; la Villa Belleville (2017‑2018) ; la Galerie Edouard Manet et Le Bel Ordinaire (2017) ; la Synagogue de Delme – Centre d’art contemporain et Tabakalera, Saint-Sebastian, Espagne (2016); la Cité internationale des Arts (2016) ; Baleapop #6 à Saint-Jean-de-Luz (2015) ; Centquatre-Paris (2014).
Anne-Charlotte Finel crée des vidéos susceptibles de connaître des mues successives, voire d’être interprétées par d’autres artistes. La notion de collaboration est chez elle primordiale ; ainsi en est-il pour la composition originale des musiques accompagnant chacune de ses œuvres. Ses images, quant à elles, sont reconnaissables à leur grain puissant et aux couleurs altérées, à la limite du noir et blanc. L’artiste a en effet choisi de travailler dans un entre-deux permanent : « Je réalise mes vidéos la nuit, à l’aube, au crépuscule ou à l’heure bleue. » Une période incertaine, mystérieuse, où tout est comme en suspens. Cet entre-deux est aussi géographique, à la lisière entre ville et campagne, un paysage transitoire à arpenter du regard, et récurrent dans la pratique de l’artiste. Elle cherche à créer « des images s’éloignant d’une réalité qui serait trop crue, trop définie », des images lentes, quasi oniriques, semblables à un motif abstrait. Les êtres humains, présents de loin en loin dans ses premiers travaux, tendent à disparaître complètement ; laissant la place à la nature, avec des traces urbaines sous-entendant néanmoins leur existence.
Dans ses œuvres les plus récentes, Anne-Charlotte Finel effectue des recherches sur les eaux habitées : lac artificiel, réservoir… Elle a ainsi filmé des chutes d’eau, transformant leur mouvement vertical en une image hypnotique. Son intérêt reste vivace également pour la question de la perte des repères – elle a de cette manière suivi des chiens blancs, devenant de simples lueurs dans l’obscurité naissante du soir. Dans les deux cas, l’artiste, qui crée toujours à partir d’une vision, d’une image fugitive, nous pousse à imaginer des mondes cachés – car « l’obscurité permet de mieux voir ».