Pierre Paulin

1927-2009

Pierre Paulin, né en 1927, a le privilège d’avoir été, entre les années 1960 et 1975, un des seul représentant du design français à l’étranger. Pierre Paulin utilise un design lisse, courbe et coloré qu’on assimile souvent, de façon réductrice et fausse au courant pop. C’est au-delà de ces formes plastiques un travail sur la structure : faire un siège en forme de langue (The Tongue) exige une réflexion et une technique rigoureuse. Célébré, exposé, écouté par les éditeurs, les instances culturelles ou le public, à l’étranger, il est en revanche à cette époque, peu connu en France. Après son parcours scolaire à l’école Camondo, il rejoint l’atelier de Pierre Guariche et Michel Mortier. C’est alors qu’il se sent influencé par Le Corbusier, dont il s’est fait « un bouclier contre la facilité et la vulgarité » ; par le pragmatisme de Charles Eames, la sérénité d’Alvar Aalto, l’architecture traditionnelle japonaise « pour son austérité et son refus des effets faciles ». Tout en s’intéressant au design scandinave pour sa simplicité presque austère, sa luminosité et son sens de la fonctionnalité basé sur un rationalisme évident, il restera toujours répugner par la fascination des français pour le passé, leur tradition de la copie et leur goût du décorum.

Il liera tout au long de sa carrière, rigueur et organique en bannissant l’exaltation et l’exagération. Arrondir les angles et assouplir les lignes sera son mot d’ordre. Les formes de son mobilier permettent la relaxation mais jamais l’avachissement. Les corps sont lovés dans des poufs géants, nids, coquilles ou nacelles protectrices et voluptueuses. Les particularités du travail de Pierre Paulin l’entraînent à créer des sièges rembourrés de mousses et habillés de jersey coloré élastique moulant et moelleux. Le tissu n’est pas un cache-misère mais un véritable embellissement et une exaltation des formes généreuses de son mobilier.

Le succès de Pierre Paulin se fait sentir en 1953 avec son entré au Salon des Arts Ménagers où commence pour lui l’ère de la légèreté, de la simplicité et de la sensualité. Son goût pour la scénographie et l’architecture lui permet d’investir son travail au Salon de l’Automobile aussi bien que dans différents hôtels et expositions. C’est dans un esprit moderne – de par sa radicalité et son innovation formelle – et fonctionnaliste que Pierre Paulin se démarquera de ses pairs et modèles.

Yvonne Brunhammer

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