RAPHAËLLE BENZIMRA | Aller au désert

In situ 12 mars 2026 - 18 avril 2026

Philippe Jousse et l’équipe de la galerie Jousse Entreprise ont le plaisir de présenter la première exposition personnelle de Raphaëlle Benzimra, intitulée Aller au désert, du 12 mars au 18 avril 2026.

Dans ce nouveau corpus d’huiles sur bois et sur toile, l’artiste propose une lecture contemporaine de la figure de l’ermite et des solitudes volontaires des saint·es dans leur quête mystique. L’exposition est accompagnée d’un texte de Raphaël Bories, historien et conservateur au MUCEM.

 » Dans un désert, un ermite est parti chercher, au bout de l’aridité et du soleil, une présence qui le dépasse. Dans une cellule humide et froide, un mystique a composé, dans le noir, des vers incandescents. Sur un ring, une combattante s’est avancée, seule au milieu du public, face à son adversaire. Sur la surface blanche de ses panneaux, Raphaëlle Benzimra dépose avec précision l’éclat de couleurs pures.

Peindre, c’est se battre. Contre l’inertie du support, avec l’histoire de l’art, contre l’indifférence du monde, avec ses propres démons – comme ceux que les artistes ont figurés dans les récits de tentations de saints, comme les yōkai japonais. Mais c’est un combat qui ne détruit rien, qui crée, et qui transforme la solitude en un geste d’amour adressé à qui veut bien le recevoir.

Saint·e·s et stars, héros·ïne de l’ascèse et du ring, tous et toutes se côtoient dans ces espaces clos où se ménage un passage vers l’infini. Les entrelacs coraniques s’y mêlent aux couleurs vibrant encore du souvenir des mosaïques byzantines ; les formes géométriques et stylisées font surgir l’étrange fantaisie du réel dans le ciel, les paysages ou les gradins ; la lumière s’y diffracte comme dans les fonds d’or des icônes. Le son des couleurs des siècles passés rejoint celui du merengue de Républicaine dominicaine, dont le drapeau se transforme en parure angélique ; les éclats matériels d’hier se mêlent à ceux de notre quotidien : crânes et boucles d’oreille, crucifix et lunettes de soleil.

Les peintures réunies ici sont pour la plupart de petit format. Elles appellent la proximité, le face-à-face intime, presque le toucher, le corps-à-corps. Comme un livre enluminé que l’on ouvre, que l’on referme, que l’on reprend, elles invitent à la méditation, à la rumination lente de l’image. On s’approche, on observe la surface découpée des aplats de couleurs, la certitude et le doute des visages, les attributs iconographiques surgis du passé. On recule, on reconnaît un récit, un souvenir, on plonge dans un symbolisme dense, connu ou inconnu. Et lorsqu’on laisse ces peintures puis qu’on y revient, quelque chose a changé, en elles ou en nous (on ne sait plus très bien).

Ces images sont comme des miroirs sans tain, où l’on aperçoit des figures connues, admirées, lointaines, et derrière elles, parfois, notre propre reflet. C’est la magie ancienne de la peinture, qui donne un corps aux choses, aux histoires, aux absences, au passé, au présent, aux convictions et aux incertitudes. Elle permet de se retrouver face à soi, de se retrouver ensemble ; face aux icônes de notre temps ou d’un autre, dans cette solitude partagée qu’est le regard posé sur une peinture. »

Raphaël Bories

 

Printemps des galeries rue Saint-Claude / rue des Arquebusiers
Jeudi 19 avril | 19-21h
Cocktail et ouverture exceptionnelle en présence de l’artiste

 

Image : Raphaëlle Benzimra, Le démon de la tristesse, huile sur panneau de bois, 16,5 x 21,5 x 1,2 cm, unique. Photo Max Borderie

Communiqué de presse (PDF)

Vernissage : 12/03/2026 4:00 pm

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