CLAUDE BELLEGARDE | « FARBENLEHRE »

In situ 9 novembre 2016 - 20 décembre 2016

En 1953 Claude Bellegarde entre dans sa « période blanche » à la recherche de la lumière. Une lumière à la fois diffuse et réfractante obtenue par des superpositions de blanc d’argent, blanc de titane et blanc de zinc, sur toile.

L’année 1957 sera essentiellement consacrée aux papiers. Papiers froissés, mâchés ou pétris, enduits de peinture blanche, qui provoquent des vibrations de matières et des intensités lumineuses.

Les deux premières expositions ont lieu en 1955. « Bellegarde et l’espace intérieur » au Studio Facchetti à Paris, suivie de « Achrome » à la galerie Appolinaire, à Milan. Lucio Fontana et la Tate Gallery se portent acquéreurs de ces tableaux blancs sur blanc. Ils influencent alors le jeune peintre Manzoni qui fréquente la galerie milanaise.

Si le blanc est un vétéran de l’histoire de l’art, Bellegarde est le précurseur de celui des années 1950. Pour cette raison, le Centre Pompidou présente en 1981, l’un de ses achromes dans l’exposition « Paris-Paris 1937-1957. »

Le jeune critique Pierre Restany, qui débute avec Bellegarde, parle de prédisposition lyrique, riche d’une expérience affective assumée jusqu’à ses limites extrêmes. Transmettre l’instable vibration de Vie… la leçon des Nymphéas a été enfin comprise. Nous entrons ici dans le domaine des espaces imaginaires, infinis de profondeur comme les paysages Kaï-Song.

Waldemar George, critique influant de l’époque, se demande à quel moment le chemin de Bellegarde, chemin de pèlerin passionné en quête de vérité, se croise avec la route royale de Claude Monet, pour qui l’homme n’est plus le centre du monde et la mesure des choses mais un élément parmi les éléments, une parcelle de l’âme universelle.

La galerie Jousse Entreprise est heureuse de présenter l’exposition « Farbenlehre » en hommage au Traité des Couleurs de Goethe. Avec en ligne de mire, « La Ligne Bleue » où se produit une sorte de mariage blanc, noces spirituelles et charnelles, qui ouvrent une nouvelle période, celle de la « Cabine Psycolor, » miroir émotionnel créée à New-York en 1964. Sous l’impulsion de Pierre Restany, l’une d’elle sera acquise par le Guggenheim. Nous reverrons la « Cabine Psycolor » cinquante ans après, au Mudam du Luxembourg, dans l’exposition « Tomorrow Now* », et en 2015, au Centre Pompidou Metz, dans l’exposition « Cosa Mentale**. »

Gilles Bastianelli
Commissaire de l’exposition

* « Tomorow Now » commissaires de l’exposition Alexandra Midal et Björn Dahlström
** « Cosa Mentale » commissaire de l’exposition Pascal Rousseau

Communiqué de presse (PDF)

commissaire : Gilles Bastianelli

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