Les protestants (photographies)
2005
série de 6 photographies noir et blanc
dimensions variables
Cette série de photographies se base sur des portraits tirés des albums de famille des personnages du film LES PROTESTANTS, qui vivent au milieu des portraits de leurs aïeux, en y faisant constamment référence. On sent encore aujourd’hui dans leur corps la rigidité de ces portraits-modèles. Le recadrage et l’agrandissement des photographies radicalise l’intention des modèles: poser en établissant la plus grande distance possible avec l’intériorité. Ne laisser percevoir aucun détail qui pourrait permettre à un observateur de situer l’individu en dehors du rôle qu’il tente d’incarner: celui du bourgeois protestant austère, et quand il le faut, celui du militaire discipliné. C’est un idéal de beauté qui rime avec sobriété et contrôle de soi. La photographie met en question ce corps qu’elle révèle et masque simultanément. Les bras se croisent sur le torse, la veste du costume est raidie au point de ressembler à une cuirasse. Le corps devient frontière. il est au centre de la relation à l’autre, mais il se positionne comme un obstacle, une muraille protectrice. C’est la muraille elle-même qui laisse supposer à l’observateur les fragilités et les failles qu’elle tente de masquer.
