FLORENCE DOLÉAC | La colère de Ludd

Hors les murs 19 septembre 2020 - 3 janvier 2021

Adresse : BPS22 Musée d'Art de la Province de Hainaut | 22 Boulevard Solvay, B-6000 Charleroi, Belgique

Intitulée La Colère de Ludd, la nouvelle exposition du BPS22 rassemble une quarantaine d’œuvres récemment acquises par la Province de Hainaut et, pour la plupart, encore jamais exposées en ses murs. Au départ de la notion de dépossession, les œuvres choisies expriment des expériences de déracinement, d’occupation, de destruction, d’épuisement mais également de résistance et d’attachement. L’exposition évoque ainsi de manière poétique, romantique, politique, parfois cruelle, différentes situations de dépossessions que l’être humain peut être amené à vivre de manière plus ou moins consciente.

Le titre de l’exposition, La Colère de Ludd, est emprunté à un livre de Julius Van Daal. L’auteur y narre comment, en pleine révolution industrielle anglaise, sous la direction d’un mythique général, Ludd, des ouvriers insurgés s’opposèrent au progrès technique par la destruction de machines. Leur révolte apparaît comme une forme d’action politique contre ce qu’ils vivaient comme une dépossession de leur savoir-faire, de leurs droits, de leurs biens, de leur existence. Partant de ce récit et d’un corpus d’œuvres donné, l’exposition propose une interprétation libre de différentes formes de dépossession, mais également de résistance à celles-ci.

Rassemblant principalement les dernières acquisitions de la collection de la Province de Hainaut et du BPS22 dont le Musée est dépositaire, l’exposition se déploie dans les deux salles principales du BPS22. Elle réunit des artistes hainuyers-ères, belges et internationaux, aux médias (peinture, sculpture, photographie, vidéo, installation, tapisserie, etc.) et esthétiques parfois très différents, dont les œuvres mettent en évidence une multitude de dépossessions, souvent violentes, parfois volontaires. Ils et elles évoquent la façon dont les corps humains sont instrumentalisés à travers l’esclavage, la colonisation, l’apartheid, l’aliénation capitaliste, les politiques d’immigration et d’asile, la normativité en matière de sexe et de genre, etc. De ces rapprochements inédits jaillissent de nouvelles questions et interprétations. De quoi sommes-nous dépossédés ? Notre vie entière n’est-elle pas une vertigineuse dépossession ? Quel sens donner à cette précarité, à cette fragilité ?

Au-delà de ces questions interrogeant la dépossession comme forme de privation et de soumission, l’exposition La Colère de Ludd met également en avant des actes de refus et de contestation à la dépossession. A travers le corps, l’histoire, la langue, l’identité, le libre arbitre ou simplement le soi, certaines dépossessions, positives et volontaires, peuvent mener à une sobriété régénératrice, une mise à nu salutaire, un dépouillement. Dans une société dominée par la logique de possession, cette conscience peut-elle mener à une nouvelle forme de résistance ?

commissaire : Dorothée Duvivier

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