TIM EITEL | Sites and Attitudes

Hors les murs 29 septembre 2018 - 10 novembre 2018

Adresse : Pace Gallery | 798 Art District. No. 2 Jiuxianqiao Road, Pékin, Chine

Figure de proue de la peinture contemporaine allemande, Tim Eitel est connu pour ses portraits psychologiques de la société contemporaine et ses représentations du paysage urbain. Par la suppression des détails de la réalité, les peintures d’Eitel présentent une simplicité quasi abstraite qui imprègne son univers d’une atmosphère sereine et méditative. Ceux qui regardent ses peintures assez longtemps semblent être attirés vers une autre dimension spatio-temporelle, dans une toute nouvelle réalité composée de couleurs sur la toile, apportant un nouvel élan aux thèmes réalistes.

Les personnages des peintures d’Eitel apparaissent souvent seuls ou témoignent d’une présence relativement indépendante parmi les foules environnantes. Ces personnages, dépeints de profil ou de dos, semblent engagés dans une retraite évasive ou dans un moment d’introspection spirituelle. Pour Eitel, la solitude dans la foule se comprend plutôt comme une prise de position. En créant des moments d’auto-dialogue ou de méditation, les gens, en ville, trouvent une oasis pour l’âme et évitent ainsi d’être emportés par les idées reçues de l’inconscient collectif. Ces thèmes aux tonalités puissamment empathiques ont valu à Eitel de nombreux éloges, tant auprès des critiques que du grand public.

Parmi la douzaine d’oeuvres présentées dans cette exposition, quelques personnes apparaissent à plusieurs reprises, retirant leur identité dans la réalité et leur conférant certaines propriétés symboliques. Un archétype d’un visage asiatique en robe rouge provient d’une photographie prise par l’artiste lors d’une visite à l’ Académie des arts de Chine à Hangzhou. Comme les critiques l’ont noté depuis longtemps, il y a toujours eu un lien unique et assez stable entre la peinture de l’artiste et la photographie. Sur le plan du réalisme, les oeuvres d’Eitel représentent des expériences individuelles qui sont tirées du monde visible, souvent documentées par des photographies. Pourtant, ces peintures ne présentent aucun trait ou détail concret. Les peintures sont donc une série de relations entre éléments, de juxtapositions entre personnes et espaces, de résistance et de coexistence entre l’individu et le collectif. Dans cet espace narratif totalement ouvert, un chevauchement apparaît entre le récit du spectateur et celui de l’oeuvre elle-même. Ainsi naît dans cet espace un récit tout à fait nouveau, plein de possibilités et de hasard.

Les dimensions des oeuvres révèlent une autre spécificité propre à la pratique artistique d’Eitel. Sites et Attitudes présentera des peintures allant jusqu’à trois mètres de large, et d’autres de 20 cm. Tandis que les premières donnent un sentiment d’être dans l’espace, les dernières exigent un échange plus intime, incarnant le désir de dialogue porté par l’artiste. Comparé aux artistes de l’histoire de l’art moderne, qui se sont renouvelés au sein même des oeuvres, Eitel n’a jamais caché l’importance qu’il accorde à la fonction interactive de l’art. Selon lui, la vie du tableau ne s’arrête pas au moment où il pose le pinceau, au contraire, elle ne fait que commencer. Dans la grande oeuvre Blue Sky (Ruins) (2018), la scène représente l’Acropole d’Athènes. Bien que les peintures d’Eitel ne se réfèrent généralement pas à des sites ou des lieux spécifiques, cette oeuvre semble dévoiler en son coeur une idée cachée : compléter la rencontre et le dialogue qui ont lieu dans le présent, en tenant compte de l’histoire et en s’engageant dans le futur. Dans cet univers qu’Eitel nous emmène, les méditations solitaires et les dialogues entre les âmes apportent de nouvelles révélations aux gens dans ce monde si bruyant.

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