RAYMOND HAINS / MATTHIEU LAURETTE

exposition 1er juin - 27 juillet 2002

Août 2001 :
Matthieu Laurette entraîne Raymond Hains à l’entrée du Lycée Jacques Cartier, à Saint-Malo, rue du Revenant, qui fait l’angle avec la rue de l’Amitié. Raymond Hains, à court de pellicules, conduit Matthieu Laurette au centre commercial « La Madeleine », puis bifurque vers Carrefour pour goûter la Bretagne. Il y fait le plein de Lait Ribot et de Craquelins de Saint-Malo. Faute de beurre d’Échiré, Matthieu Laurette lui propose du beurre à emballage indéchirable… Septembre 2001, chez jousse entreprise : C'est devant la sculpture de cire de Matthieu poussant un caddie rempli de produits remboursés, que Raymond Hains demande à Philippe Jousse s'il est parent de Marcel Jousse. Marcel Jousse (1886-1961) est le créateur d’une science nouvelle, l’Anthropologie du Geste, qui étudie le rôle du geste et du rythme dans les processus de la connaissance, de la mémoire et de l’expression humaine. Il a écrit « La manducation de la parole » et « Le style oral », dans lesquels il a prouvé les liens entre parole et geste, entre rythme et mémoire. Il a écrit : « Un homme vaut par ce qu’il a mémorisé », « la parole est un miel délicieux ». James Joyce était assidu à ses conférences à la Sorbonne. Une Fondation défend le «patrimoine joussien», rue des Martyrs à Paris (juste à côté de Notre-Dame de Lorette), où l’on trouve un buste de Marcel Jousse. Il a, par ailleurs, sa rue à Beaumont-sur-Sarthe, sa ville natale. Robert Delaunay a dessiné la bouche de Jousse qui proposait, pour mieux comprendre un texte, d’en « manger » les mots — et le chef du restaurant Alain Chapel, près de Lyon, s’appelle Philippe Jousse : il porte une blouse blanche avec son nom brodé sur la poitrine. Raymond Hains et Matthieu Laurette illustrent de leurs photos des couvercles de boîtes de crêpes dentelles « Gavottes ». Matthieu Laurette a photographié Raymond Hains visitant le Musée Grévin : entre séguin, vinci, sartre ou Picasso de cire. A Saint-Malo, il y avait aussi un Musée de figures des Malouins célèbres : La Mettrie, La Bourdonnais ou Chateaubriand y apparaissaient dans le décor de leur vie. Entre Saint-Malo et Saint-Brieuc, à Saint-Cast précisément, le duc d’Aiguillon, chef des troupes royales, a rejeté à la mer en 1758 les Anglais qui tentaient de débarquer en Bretagne. Dans les années 1950, Léon Dechartre, créateur du Ciné-Club de Saint-Brieuc, a tourné une reconstitution, en costumes et avec effets spéciaux, du combat de Saint-Cast. D’autres Bretons fréquentent l’exposition : La Chalotais, adversaire du duc d’Aiguillon et auteur du « Traité de l’Education » ou encore le comte de Plélo, amoureux de Marie Leczinska avant qu’elle ne soit reine de France. Et l’exposition connaîtra d’autres rencontres et développements...

 

les caddies de supermarché de Matthieu Laurette sont les chars Leclerc de notre libération (RH, 1997)

Ma matière première est aussi bien le nom d’un marchand de tableaux que du papier d’affiche. Les choses ont entre elles des rapports surprenants induits par leur nom. (RH, 1985)

"In the beginning was the gest he jousstly says" (James Joyce, Finnegans Wake )

c’est en somme l’exposition qui est une création
(RH, 1999)