fr / eng

PIERRE JEANNERET – LE CORBUSIER / CHANDIGARH

PIERRE JEANNERET – LE CORBUSIER / CHANDIGARH

18 Rue de Seine - 75006 Paris

23.10.2015 - 21.11.2015

Vernissage

22.10.2015

From 16:00 to 22:00

PIERRE JEANNERET – LE CORBUSIER / CHANDIGARH

Jousse entreprise a le plaisir d’annoncer une exposition de pièces de Pierre Jeanneret, dont certaines rares, provenant de la ville de Chandigarh. Par ailleurs, seront également proposées quelques pièces de Le Corbusier, de la même provenance.

 

Architecte et créateur de mobilier privé ou urbain, Pierre Jeanneret (1896-1967) a longtemps collaboré avec son cousin Le Corbusier, notamment par la création et l’animation des CIAM. Dans l’ombre et la discrétion qui lui convenaient, il réalisa une œuvre qui témoigne d’une pensée originale et exigeante. Entre les deux hommes, il y avait une différence d’approche. Là où Le Corbusier privilégiait l’ordre et l’organisation, Jeanneret avait des idées qu’il qualifiait lui-même de « toujours un peu anarchiques » et, toute sa vie, il cultiva un esprit d’expérimentateur, assemblant par exemple des matériaux trouvés, fruits de ses observations. Malgré tout, au soir de sa vie, il déclara qu’il était « l’architecte le plus voisin de Le Corbusier sur le plan de l’action. » 

À partir de 1950, invités par Nehru, les deux hommes furent les principaux maîtres d’œuvre de l’édification de la ville de Chandigarh, destinée à devenir la capitale de l’État du Penjab, après la guerre entre l’Inde et le Pakistan. La ville contient aujourd’hui la plus importante concentration d’œuvres de Le Corbusier et de Pierre Jeanneret au monde.

Pendant quinze ans, Jeanneret consacra tous ses efforts à ce projet. Sur une surface plus grande que celle de la ville de Paris, pour une population qui dépasse aujourd’hui le million d’habitants, il s’agissait d’édifier, outre une zone d’affaires, un secteur industriel et un quartier administratif, mais aussi des voies de circulation et des quartiers d’habitation. Jeanneret s’entoura d’une équipe de jeunes architectes indiens. Il finit par s’établir à Chandigarh et, dans une remise en question de ses propres idées et conceptions, il adopta souvent le point de vue indien. Pour lui-même et Le Corbusier, il résuma le sens de cette aventure en tout point démesurée par une formule saisissante : « Chandigarh était pour nous deux en quelque sorte une clairière dans la jungle humaine. »

Il se situe ainsi, constamment, au carrefour de ses deux préoccupations : concevoir des objets pour les habitants et affirmer la puissance d’invention comme la valeur universelle du mouvement moderne. Il ne quitte Chandigarh, en 1965, que contraint par la maladie et meurt quelques mois plus tard, à Genève, en 1967.

L’exposition présente un ensemble cohérent de pièces, marquées par ce souci de l’humain et cette attention au monde. La plupart provient des bâtiments administratifs de Chandigarh, tels l’Assemblée, la Haute Cour, les hôpitaux et l’Université du Penjab. 

Certaines des pièces de l’exposition sont exceptionnelles : ainsi, le seul exemplaire retrouvé à ce jour du sofa « Kangoo ». Il côtoiera l’imposante et rare « Bibliothèque vitrée », en tek massif, de 1960. Une « Table éclairante » et une « Square Table », accompagnées d’un ensemble de chaises et de fauteuils, complètent cette présentation.

En regard de ces pièces, l’exposition présente deux objets emblématiques de Le Corbusier : la table sur trépied métallique « Tronc d’arbre » et surtout une des « Concrete Lights », éléments d’éclairage en structure de béton sur le modèle de ceux de l’Unité d’habitation de Marseille. Ces deux objets illustrent parfaitement l’ambition de Le Corbusier : « L’architecture est le jeu savant correct et magnifique des volumes assemblés dans la lumière », comme il l’écrivait, dès 1927, dans Vers une architecture. DL