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André Borderie

André Borderie

Rue Louise Weiss - 75013 Paris

13.09.2003 - 31.10.2003

André Borderie

La galerie Jousse Entreprise présente du 13 septembre au 31 octobre 2003 des œuvres-jalons du parcours d’André Borderie (1923-1995) céramiste-plasticien dont l’originalité et la simplicité sont emblématiques du style 50 en France. La galerie a choisi de mettre l’accent sur une collection de pièces uniques en céramique, réunies pour leur valeur sculpturale puissante, côtoyant plusieurs projets d’environnement pour l’architecture. Cet ensemble rare souligne le questionnement de la juste proportion. On peut le rapprocher des préoccupations plastiques de l’architecte André Bloc dans ses constructions utopiques restées à l’état de maquettes. L’admiration pour la rigueur constructive de Le Corbusier ou le sens des proportions du mobilier de Charlotte Perriand ont sans doute beaucoup compté dans le développement esthétique de l’artiste.

 

La vie d’André Borderie a été marquée par la découverte de sa vocation d’artiste en 1940 devant la reproduction d’un dessin de Paul Klee ainsi que par sa recherche d’ordre spirituelle. Ses formes en céramique semblent participer par leur pureté à cette recherche.

 

Exécutées en grès chamotté avec un émaillage qui joue subtilement sur les nuances mates et brillantes, ce sont de larges coupes, de simples boîtes ou bouteilles effilées, des lampes en forme de puits de lumières, sculptures originelles ou symboliques comme l’œuf ou la flamme, environnements abstraits aux aspirations architecturales sacrées, particulièrement de l’art roman, (le pilier, le portique…). Ces pièces s’éloignent de l’univers habituel des objets de pure décoration pour s’intégrer avec force dans l’espace architectural, grâce à leurs formes dépouillées. 

 

L’exposition présente un grand nombre de pièces majeures : plateau de table basse " œil ", lampes "tête de lumière" ou "galet", vase "boule", sculptures radicales comme "le rectangle", ainsi que plusieurs tables…

 

L’artiste rencontre, Maria qui deviendra sa femme, et ses amis Pierre et Vera Szekely en 1948: durant presque dix ans ils forment une communauté d’artistes, jusqu’en 1957. À cette époque, les Borderie co-signent souvent leurs céramiques avec les Szekely. Ces pièces, exposées par la célèbre galerie Mai - où était diffusés également les meubles de Charlotte Perriand et de Jean Prouvé - ont marqué l’esthétique des années 50 dans le domaine de lacéramique : elles s’éloignent de l’univers habituel des objets de pure décoration pour s’intégrer avec force dans l’espace architectural grâce à leurs formes dépouillées.

 

La première exposition des peintures d’André Borderie a lieu en 1955 chez Colette Allendy. Il travaille également à partir des années 60 à l’exécution de cartons peints pour des tapisseries souvent exposées aux côtés des œuvres tissées de Mathieu Matégot et d’autres peintres de l’abstraction à la galerie "La Demeure", spécialisée dans ce domaine et animée par Denise Majorel. André Borderie a été un grand défenseur de l’art intégré dans la vie de la cité : il a participé en 1955 aux activités du groupe Espace fondé par André Bloc, réunissant architectes et artistes pour des projets communs. Il a créé ainsi de nombreux environnements-sculptures en acier, béton, ou mosaïque pour des bâtiments publics ou privés. L’artiste recherchait dans des compositions déployées selon l’amplitude du regard à faire ressortir la monumentalité de chacun de ses projets, quelle que soit l’échelle finale de réalisation, (mentale, humaine ou monumentale). À l’état d’Objet ou de sculpture, il y a toujours dans les céramiques, sculptures, maquettes ou tapisseries d’André Borderie une force lyrique comparable, un même élan organique et vital, nourri par l’observation de la nature et de ses forces primaires.