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Emmanuel Boos

Emmanuel Boos

Pratiquant la céramique depuis l’âge de 14 ans, Emmanuel Boos est, aujourd’hui, considéré comme l’un des meilleurs céramistes français. Ses nombreux et longs séjours à l’étranger (États-Unis, Corée, Chine, Allemagne, Espagne…) lui ont donné une ouverture rare sur de nombreuses pratiques et esthétiques différentes. Si ses créations se nourrissent de ses voyages, notamment en Orient, c’est à Paris qu’il a achevé sa formation, auprès du Maître d’art Jean Girel entre 2000 et 2003. 

 

Emmanuel Boos crée des pièces uniques en grès ou en porcelaine, émaillées ou crues, qui malgré leur caractère abstrait peuvent toujours se percevoir comme des récipients. Mais ce qui l’intéresse, c’est moins l’aspect fonctionnel que de créer des formes qui retiennent le spectateur, son regard, sa main, son esprit. Ses vases et ses coupes aux fortes qualités contemplatives semblent naître du vide, le matérialiser en quelque sorte. Chez lui, comme chez tous les grands céramistes, chez Jouve par exemple, la forme fait corps avec la matière, la fluidité et l'accident.

 

Faiseur de ses pâtes et de son émail, Emmanuel Boos explore les matériaux et les phénomènes physiques et chimiques à l’œuvre dans le processus de production de la céramique. Son travail au tour de potier est toujours fluide et il le compare volontiers au surf. Par la déformation de la terre et des formes sous la rotation du tour, qui nécessite une maîtrise totale, Emmanuel Boos retrouve la spontanéité. Ce jeu lui permet de ne jamais se répéter et c’est par ce travail sur l’élasticité du matériau que ses céramiques évoquent si naturellement les ondulations des vagues et qu’elles acquièrent leur caractère éminemment onirique. 

 

Cherchant un équilibre dans le mouvement, il sait aussi tout ce qu’on peut gagner à le perdre. C’est qu’arrivé aux limites, il faut savoir lâcher prise. Emmanuel Boos est très attentif aux accidents. Il dit lui-même qu’il « essaie d’entretenir une relation amicale avec le chaos », et que « la beauté naît de l’aléatoire ». Pour autant, s’il se refuse à dominer la terre qu’il laisse à ses irrégularités, il choisit toujours son inattendu. Ses pièces très pâles et minces, fluides et qui semblent flotter, frappent par leur dissymétrie et leurs imperfections revendiquées. Les matériaux utilisés, que ce soit le céladon (une porcelaine recouverte d’émail craquelé, d’un vert très rare, qu’il a découverte en Corée) ou les laques japonaises, renforcent l’impression de fragilité. Puis il répare à l'or les fêlures et les brisures, comme s’il voulait signaler, avec un mélange d'humour et d'élégance, ce qu’elles ont de plus précieux. 

 

Emmanuel Boos se réfère constamment à des artistes (Kapoor, Fontana, Klein) ou à des architectes (Venturi ou Gehry). Il ne faut y voir ni prétention ni gratuité. Au-delà de la séduction qu'exerce son travail et de son ancrage urbain, ces références témoignent d'une même beauté austère et de sa volonté de placer la céramique à la frontière de l'art.

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