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Julien Prévieux I Francisco Sobrino I Raphaël Zarka

Julien Prévieux I Francisco Sobrino I Raphaël Zarka

28.05.2015 - 25.07.2015

Vernissage

28.05.2015

From 19:00 to 21:00

Julien Prévieux I Francisco Sobrino I Raphaël Zarka

La galerie Jousse Entreprise a le plaisir de vous présenter l’exposition collective JULIEN PREVIEUX / FRANCISCO SOBRINO / RAPHAEL ZARKA ayant pour thème principal, le geste.
(Exposition exceptionnellement fermée jusqu'au 2 juillet)

 

La vidéo de Julien Prévieux (né en 1974, vit et travaille à Paris/lauréat du Prix Marcel Duchamp) What shall We do Next ? séquence n°2 fait partie d’un corpus de trois séquences : un film d’animation (séquence n°1) et une performance ( séquence n°3). 

 

Julien Prévieux les a imaginés en prélevant, sur le site de l’agence américaine de la propriété industrielle, les gestes brevetés par des sociétés, principalement dans le domaine des nouvelles technologies. Ces gestes permettent d’activer des fonctions sur des appareils et sont déposés avant même que ces derniers n’existent. Un certain nombre de ces gestes font partie de notre quotidien. 

Par exemple, le mouvement pinch to zoom ® (le fait d’écarter le pouce et l’index pour agrandir une image ou un texte) a été déposé par Apple en 2006. D’autres gestes correspondent à des appareils ou à des actions qui n’ont jamais vu le jour. Dans cette « archive des gestes à venir », en permanence actualisée, Julien Prévieux s’interroge sur la propriété de nos gestes les plus banals et sur la manière dont nous sommes amenés en permanence à changer le répertoire de nos « techniques du corps », à notre insu, parfois avec enthousiasme, parfois à regret. Il montre de quoi notre avenir corporel sera certainement fait, comment nous bougerons nos mains ou nos yeux dans cinq ou dix ans.

 

Le diagramme qui nous accueille en entrant dans la galerie est actuellement présenté au Nouveau Festival du Centre Pompidou, dans le Musée du bug dont Julien Prévieux est le commissaire. Il présente une archive du bug dans l’histoire de l’art.

 

Raphaël Zarka (né en 1977 à Montpellier, vit et travaille à Paris, représenté par la Galerie Michel Rein, Paris/Brussel) propose Free Ride: Une prophétie. Une idée. Une assise et une sculpture. “En 1962, à l’âge de 50 ans, un architecte américain nommé Tony Smith réalise sa première sculpture. Il lui donne pour titre Black Box (Boîte noire). Il s’agit d’un parallélépipède en acier peint en noir, hermétiquement fermé, dont les proportions sont celles d’une boîte d’archives en carton agrandie cinq fois. Après Black Box, la longue liste d’œuvres qui, cette année, inaugure la carrière tardive de Tony Smith commence par Free Ride. Et pour qui partage mon expérience de skateur, Free Ride n’est pas seulement une sculpture, c’est une prophétie.


La section des trois parallélépipèdes qui la composent approche également la hauteur d’assise d’une chaise ou d’un banc. Dans le jardin de sculpture du Musée d’Art Moderne de New York, lorsque l’on voit les visiteurs assis dans des fauteuils métalliques tout autour de l’œuvre de Smith, on ne peut s’empêcher de remarquer que Free Ride est un banc en puissance. En d’autres termes, ceux des skateurs bien sûr, la sculpture de Tony Smith est un ledge en forme de L, un spot simple mais efficace.” (Raphaël Zarka - Extrait de Free Ride, skateboard, mécanique galiléenne et formes simples, éditions B42, Paris, 2011)

 

“Mobile”, 1967 est une oeuvre emblématique de Francisco Sobrino (1932 - 2014, né à Guadalajara, Espagne). C’est une des premières oeuvres qui engage le geste du spectateur pour créer le mouvement, d’une manière minimale et radicale. Elle fut présentée dans les expositions majeures sur le GRAV. Francisco Sobrino est cofondateur du GRAV à Paris en 1960 avec une poignée d’artistes tels que François Morellet ou encore Julio le Parc.

 

 

 

“Comme dans la quasi-totalité des travaux du GRAV, les réalisations sculpturales de Sobrino nous invitent à prendre conscience que toute optique est cinématique : les différentes parties d’un ob- jet fixe ne sauraient être perçues et comprises simultanément par le spectateur, mais successive- ment, dans la durée effective du déplacement des yeux ou du corps. Rendant toute sa richesse à l’individualité de chaque situation perceptive, l’œuvre confronte l’observateur mobile tant à un objet qu’à un processus. Chez Sobrino, la structure n’est donc aucunement congédiée, elle se voit au contraire rationalisée et condensée afin de générer le phénomène lumineux et perceptif avec une efficience optimale.” 

 

Matthieu Poirier

 

 

 

La sculpture Le véritable Modèle 63, 2008 de Julien Prévieux est présentée dans l’exposition à l’Ecole des Beaux-Arts du 29 au 31 mai à l’occasion de Choices Paris.