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Francisco Sobrino

Francisco Sobrino

Les oeuvres que Francisco Sobrino (né en 1932) réalise dès 1958 constituent un épisode clé de l’art perceptuel, un courant de l’abstraction dont l’exposition Dynamo a récemment rendu compte aux Galeries nationales du Grand Palais. Cofondateur du GRAV à Paris en 1960 avec une poignée d’artistes tels que François Morellet ou encore Julio le Parc, Sobrino élabore alors un langage visuel austère dont la particularité est de se déployer dans le temps et dans l’espace réels de l’expérience.

  

Amorce d’une collaboration sur le long terme entre les archives Sobrino et la galerie Philippe Jousse, l’ensemble d’oeuvres historiques présenté (dans la galerie située rue de Seine ainsi qu’au Jardin des Tuileries, dans le cadre du programme « hors-les-murs » de la FIAC) met l’accent sur les « tours » de l’artiste. Compositions rythmiques et épurées, souvent verticales, dont on décèle les prémices dans quelques tableaux et gravures de l’artiste, ces sculptures sont formées de plans identiques – de multiples plaques carrées, en Plexiglas ou en métal, imbriquées entre elles – qui captent, filtrent, disloquent et évacuent leur environnement immédiat (ainsi que ses variations fortuites) et en font une partie constitutive de leur apparence. Ces totems acérés, qu’on les envisage comme autoritaires et menaçants ou encore comme furtifs et sensuels, sont indissociables de leurs alentours, spectateurs compris, qui s’inscrivent dans la lignée des Colonnes sans fin de Constantin Brancusi, des structures mécanistes de Naum Gabo ou encore des jeux de construction inventés par Charles et Ray eames (House of Cards, The Toy). Développés dès 1960, ils précédent, d’une bonne longueur, les systèmes modulaires ou combinatoires de Hélio Oiticica, Donald Judd, Robert Morris, Robert Smithson, larry Bell ou encore Sol leWitt, Charlotte Posenenske et Dan Graham, autant qu’ils préfigurent nombre de travaux plus récents de Jeppe Hein, Olafur Eliasson ou encore Timo Nasseri.

 

 

Hautement minimal, l’art de Sobrino n’en est pas pour autant concret, altier et clos sur lui-même. Bien au contraire, nourri de phénoménologie de la perception, la forme géométrique la plus sommaire y est avant tout l’aire de jeu libérée du visible et l’outil d’une mise en abîme du regard. Véritable piège pour l’oeil, chaque oeuvre instaure une relation troublante avec son observateur : est-ce bien nous qui regardons les oeuvres, et non l’inverse ?

 

 

Texte de Matthieu Poirier

 

 

 

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Biographie de l'artiste

Date de naissance : 1 janvier 1932

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