Cédric Buchet
Depuis son prix au festival d’Hyères en 1999 jusqu’à la campagne pour Prada en 2001, en passant par le travail pour Tsumori Chisato, la trajectoire de Cédric Buchet n’a pas cédé un pouce de territoire. Cette prédilection pour ces " paysages-territoires " permet avant tout d’éviter un double écueil. Le premier, celui du subjectivisme ou de l’anecdote, celui où la photo serait le témoignage de quelque chose, d’un vécu. Le deuxième écueil, celui de l’objectivisme, où la photo serait un point de vue englobant sur le monde, faisant l’inventaire des parties, cartographiant la totalité du réel. Au premier qui hume la révolte du soi (Larry Clark, Nan Goldin) et au second qui expose le pouvoir objectif des choses (Andreas Gursky), entre l’emphase du sujet (made in USA) et celle de l’objet (made in Germany), demeure un no man’s land plein d’habitations, celui des sujets pour tous et des objets pour personnes, des endroits quelconques, libres finalement d’être habités ou non.